Qui songera à installer dans l'île un fronton de pelote ?

Publié le par Fernand Chocapic

En période de canicule, il y a des femmes qui conduisent ceux qui les regardent en Italie. Cela fait des années que je fais des allers-retours entre les palmes et le musée. Des années que j'essaie, sans conviction ni succès, de parler de mes affaires de laine. Les insulaires n'ont d'yeux que pour les insulaires. Ils peuvent raconter n'importe quoi, parler de chaudières qui n'existent pas, on leur tend toujours une oreille poilue
 
 

Le collège des fleurs

Publié le par Fernand Chocapic

Le collège des fleurs n'est pas un vrai collège. C'est un lieu rempli d'haleine et de flamme. Les élèves ont la mine dure des mauvais jour. Quand on croise une institutrice dans les couloirs, un regard est un regard. Il n'y a pas de pélicans qui tiennent. On prend du chien ou l'on finit cul nu sur le gazon avec des arbres en moins. Voyez l'ambiance. Ce n'est plus du tout "Où est passé mon taille-crayon ?"
 
 

Naissance d'un paradigme

Publié le par Fernand Chocapic

Si on te lance un mouton sur le dos et que tu te retrouves dans la laine, tu ne pourras pas choisir à la carte. Il faudra trouver quelque chose comme la capacité. Être bien au clair avec la condition d'être humain (ou féminin) de manière à pouvoir tricoter dans un long flux, passer dans les écheveaux du design et des couleurs, déchaîné ou presque rouge, timide et cru, écarlate, la tête nue
 
 

Les voyageurs dans les jungles

Publié le par Fernand Chocapic

Ils sont les premiers sur la plage, les premiers à relever le défi du léopard et de la hyène. Dans la mousse des vagues, le bétail est étouffant. On retrouve les renards en kit dans une cachette pour les crabes. Ce sont des zones franches où pousse l'herbe de la mer et où s'accrochent les coquillages. Le poisson mort que l'on avait rangé la veille au soir dans des boîtes en fer blanc quitte le mode cuillère pour retourner à l'océan. Il a des tasses larges comme des carapaces. Avec son corps écaillé, il m'applique le brossage du moine, comme toutes les fois où le désir et l'aventure faussent ma boussole
 
 

Un rêve incompréhensible

Publié le par Fernand Chocapic

Je n'oublierai jamais mon rêve de la nuit dernière, ce type affreusement blond parlant à V. par dessus mon épaule. Ils sont debout, face à face. Je suis légèrement en contrebas. J'essaie d'attirer sa main vers moi mais rien n'y fait. Je les retrouve couchés côte à côte dans le lit défait. Il dort. Elle me sourit. J'essaie de la questionner. Il y a de l'ironie dans le ton de ma voix. Comme elle continue de me sourire de manière absurde, je quitte la chambre, me retrouve dans une autre partie du rêve, assis derrière un bureau. J'essaie de commander un billet de train mais le coeur n'y est pas. Je les revois dans la chambre à côté. Ce type très blond qui dort et V. allongée à côté qui sourit, dans une passivité narquoise que je ne lui connaissais pas - et que je ne souhaite à personne
 
 

Dans le nu

Publié le par Fernand Chocapic

Chaque fois qu'elle se déshabille, il y a un musicien qui joue par dessus la musique de ses diapositives. Je me jette au fond de l'obscurité basse et futile, mettant mon orgueil à ne respirer que dans les régions inférieures. Ses notes ne m'atteignent plus. L'espace d'un instant, j'oublie même qu'il est là. Je suis enfin seul avec elle
 
 

Une cible spécifique

Publié le par Fernand Chocapic

Avant qu'il ne reste que des bières artisanales, des manches émotionnels et des haricots à la mode, il y aurait Suzanne. Elle voudrait que je la cuise sur tous les modèles de planchers. Pendant que les autres seraient en terrasse, on se porterait candidats à la littérature, au cinéma et aux médias comparés
 
 

On ne revient pas sur un coloriage

Publié le par Fernand Chocapic

Au début, je travaillais au fusain. J'essayais de dessiner les frisements de poils et les attouchements d'oreilles. J'avais un modèle en tête mais avec ses habits qui se mettaient en travers quand on essayait de la voir de près, ce n'était pas facile de la dessiner. J'aurais voulu qu'elle se mette en pleine lumière, mais elle était assise du mauvais côté de la banquette. Si vous avez l'habitude de travailler dans les huiles, sur un chevalet, avec une brosse à trois pieds, vous voyez ce que je veux dire. Bref, j'ai bien réfléchi aux choses, je me suis appliqué du mieux que j'ai pu, mais quand mon dessin fut fini, on ne voyait plus que mes cuisses sur le papier
 
 

Continue de regarder

Publié le par Fernand Chocapic

Les rencontres, nées dans les villes, ont grandi sur le campus de l'université. Pendant que les garçons vomissaient dans les buissons, les filles cultivaient un certain style. Elles ont vu s'ouvrir devant elles de nombreuses perspectives romantiques. Des patrons autodidactes et des employés de bureau sont venus la nuit pour les enlever, nous laissant seuls dans le dortoir avec les chats, et les rêves des chats. Quand l'un d'entre nous allait voir l'infirmière et lui demandait pourquoi ses relations avec les femmes n'avançaient pas, on lui faisait croire que ça venait de lui et que peut-être, il lui manquait une roue alors qu'en fait, il n'y avait plus de filles nulle part dans les filières scientifiques
 
 

Ce n'est pas une petite magie

Publié le par Fernand Chocapic

La légende dit que si vous prenez un million de photos, vous aurez la chance de sortir avec une ou deux femmes. J'ai photographié tout ce qui bouge. Je suis revenu chez moi avec trente rouleaux de pellicule. L'une des nombreuses images qui me hante est un instantané d'un membre d'une famille biologique de couleur blonde (prise de loin). Elle est dans un jacuzzi (serais-je chez les cannibales ?) et même si elle n'est pas seule (elle reconnecte avec un ancien amant), j'espère que le vaudou de l'amour (et de la photo) pourra faire la différence
 
 

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