Bords de mer et chambres d'hôtel


Dans le cadre de mes nouvelles missions, je serai amené à passer du temps en compagnie des ouvrières dans les salles de repos et les cantines

Je serai également amené à me déplacer ici ou là avec un stagiaire

Il ne faudrait pas qu'en me penchant vers la boîte à gants pour récupérer ma carte grise, je me retrouve avec ses seins au niveau de mes oreilles

J'ai peur que tout cela ne se termine dans une auberge en bordure de la nationale

Forfait coiffure


Après m'avoir reçu dans un kimono de cartomancienne, la coiffeuse s'est éclipsée derrière un rideau. Elle est revenue avec une paire de ciseaux géants. Elle m'a coincé la tête entre les deux grandes lames et le contact du métal m'a délivré une intense sensation de massage. Elle a remonté le ciseau très lentement jusqu'au sommet du crâne en manoeuvrant l'engin de manière à ce qu'il épouse parfaitement le contour de ma tête à chaque instant. Je suis sorti de là tout rafraîchi avec l'envie de le raconter à tout le monde. Un ami que je n'avais pas vu depuis longtemps m'a arrêté dans la rue pour me demander de mes nouvelles. J'ai fait celui qui sortait tout juste de prison après avoir passé vingt ans dans le couloir de la mort et que la coiffeuse fait entrer dans son salon après l'heure de la fermeture pour lui faire l'amour

Initiative citoyenne


Il s'agirait dans un premier temps de faire appel à des retraités de l'éducation nationale (souvent plus au fait de la langue que les titulaires) pour mettre en forme les idées de tout le monde et homogénéiser la musique urbaine. Ces retraités seraient bien évidemment rémunérés à hauteur de deux heures par semaine, en privilégiant une forme de salaire qui ne soit pas basée sur l'argent mais sur les services comme par exemple aller leur ramasser des myrtilles avec un peigne. Tout se passerait au niveau local sur le parvis de la mairie avec la mise en place d'une navette pilotée par un facteur ou n'importe quelle personne majeure sachant faire du vélo. Nous verrons plus tard quoi faire à Paris. Je peux également à mon niveau récupérer les messages de tout le monde via la page contact de mon blog et reformuler les choses pour les rendre intelligibles au plus haut niveau, ce qui permettrait la mise en place de réformes beaucoup plus smarts et apaisées. Il ne s'agit pas de faire marche arrière. Il s'agit d'aller dans le bon sens

Le sérieux et l'aléa


Si l'on était poète ou chansonnier, on pourrait sentir le gaz. On l'entendrait siffler une musique pleine d'oiseaux surdimensionnés

Les pélicans sont des oiseaux particuliers. Particulièrement particuliers

Sur l'île, les gens ont le crampon humoristique. Ils rigolent comme des pioches. C'est un climat pour le coup assez particulier

Compte tenu de la chaleur, les voyagistes recommandent les sandales aux pieds

À la fin du séjour, on vient te présenter la facture d'un restaurant chinois. Tu te prends un grand coup de hamac

Et les aventures brouillonnes continuent comme ça

Notes pour mon prochain livre


Je visite une vieille maison envahie par le lierre avec une briqueterie abandonnée en contrebas. Quelques jours plus tard, avec Boeuf et un autre de mes amis, on décide de se faire passer pour ce qu'on n'est pas. Je suis dans la cour d'une maison moderne vitrée sur plusieurs étages. Un type arrive. Il se dirige vers moi. Les deux autres sont allés repérer les lieux. Je ne sais pas quoi dire pour justifier ma présence. Le type se méfie. Boeuf arrive et lui dit qu'on est là pour acheter la maison. On visite la maison. On raconte n'importe quoi. On sympathise avec tout le monde. Devant la briqueterie, il y a un type de dos avec un chalumeau. "Ici on travaille uniquement le bois" dit le propriétaire. Sa femme arrive avec un bébé dans les bras. On est bien ici. "Tu vois" dit Boeuf, "c'était facile. Il suffit de raconter n'importe quoi". La maison est immense. Il y a des jouets partout par terre. Je raconte des trucs aux enfants qui le répètent à leur mère. Boeuf et le propriétaire continuent de discuter mais je ne sais pas ce qu'ils se disent. J'explore la maison. La femme est toujours avec les enfants. Elle s'appelle Christine. Les enfants disent que leur père a une maîtresse, mais pas comme une vraie maîtresse. En fait, c'est une infirmière car le père a une maladie bizarre. Il oublie tout et doit faire du sport. Je propose de faire du sport avec lui car je me sens coupable de mystifier des gens aussi sympathiques. Je demande un short à la femme. Elle me sourit. Elle a un panier à linge dans les bras. Je pars me changer. Quand je reviens, il n'y a plus de bruit dans la maison et la nuit est tombée. Je monte à l'étage. Mon autre ami est allongé nu sur un des nombreux lits. Nous sommes dans la partie vitrée de la maison, au niveau du jardin. L'extérieur est éclairé. Il y a une figurine dans les massifs de fleurs. Un petit chien en noir et blanc. Je le fais remarquer à mon ami et la figurine se met à bouger de manière bizarre. "Tu n'aurais pas dû me le dire" dit-il, "je vais avoir du mal à dormir". Je ne sais pas où est passé Boeuf. Je m'endors. Le lendemain, je me réveille et le propriétaire me regarde dans le lit d'à-côté. Je suis pris de stupeur. Mon autre ami n'a jamais existé. Les jours suivants, j'essaierai de me rappeler son visage. Le propriétaire s'appelle Paul. Il me dit "allez, on a du boulot aujourd'hui". Je n'ose pas lui parler de Boeuf. Il est passé où ? Je sors de la maison. Je n'ai pas pris de petit déjeuner. Je vois notre voiture garée dans la cour. Elle n'a pas bougé. En bas, à la briqueterie, un formateur me prend en charge. À partir de ce moment-là, je ne rentre plus dans la maison. Je ne vois plus la femme et les enfants. Je ne vois que des vieux jouets abandonnés sur la pelouse et notre voiture qui se rouille avec le temps de plus en plus humide. Plus tard, j'apprends que le propriétaire est décédé et que sa femme est partie. Dans la maison, rien n'a bougé mais tout est étrangement silencieux. Je ne le dis à personne mais j'essaie de trouver des traces de Boeuf partout autour de la maison. Un matin, il fait beau, je travaille à la briqueterie. Je me vois arriver en voiture avec Boeuf et l'autre ami que j'ai. On discute avec le propriétaire et comme on se rapproche, je fais semblant de travailler sur quelque chose avec mon chalumeau. Le soir venu, je rentre dans la maison. Je m'observe avec les enfants et quand je demande un short. Je m'apprête à sortir pour regagner l'atelier. Mon ancien moi m'interpelle et demande si je veux faire du sport. Il me prend pour le propriétaire. Après la séance, je rejoins ma femme dans sa chambre. "Tu penses quoi de ces types ?" me dit-elle. Boeuf lui plaît. "L'autre est gentil". Je lui demande ce qu'elle pense du troisième. Elle me dit qu'ils ne sont que deux. Je m'endors. Le lendemain, j'ai la maison pour moi tout seul. Le contremaître frappe à la porte et demande quoi faire de l'usine. Il n'y a plus de main d'oeuvre. Je me retrouve seul. Je vais dormir dans la voiture. Au milieu de la nuit, soudain, j'ai peur. Je ne sais plus qui je suis. J'ai l'impression d'être Boeuf et de m'être perdu. Je me réveille dans la peau d'un policier qui enquête sur le corps de Boeuf. On l'a retrouvé dans une voiture près de l'ancienne briqueterie. Avec un coéquipier dont j'arrive à mettre en doute l'existence, je vais me livrer à des tests et fouiller dans les fichiers officiels pour voir s'il existe et si quelqu'un me connaît sous le nom de Boeuf

Bermudas


Mon étude brune et somnolente du début d'après-midi a quand même permis à pas mal de monde de montrer ce dont ils étaient capables dans une île pleine de bruit. En tout cas, personne n'a ri ou n'a été vexé par mon étude brune du début d'après-midi, même quand la dame avec une tige est venue les réveiller à la manière des oies (d'autant plus désagréable qu'il s'agissait d'une guitare à cordes pincées). Quand j'ai refermé le piano, ils voulaient tous recommencer. Ce qui les a marqués, ce sont ces indigènes à la poitrine insoupçonnée et la justesse des infirmières qui ont je dois le dire fait preuve d'une bonne dose de fair-play, y compris sous la douche (pour ceux qui aimeraient le savoir). Elles se sont montrées bien plus aimables que certaines dames qui émaillent les lavabos de notre immeuble. Tout le monde les connaît, celles qui te font lever un vieux fond de casserole pour te le mettre sur le dos. C'est un classique par ici. Et allez que j'envoie les volailles à vos soins. Ben voyons ! Un arbre ne les supporterait pas deux fois de suite, c'est moi qui vous le dis. Quand je les croise, je proclame les aubergines. Pas plus. Si c'est davantage, je tombe les rames, et on en reparlera

Angoisse sur zone humide et parfumée


Sur le fond vert de l'après-midi, un vieux crustacé sournois avec de grandes paupières et une bouche dorée projette des morceaux de glace au citron vers un magnat du coton

Il s'en tire avec quelques gémissements doux, deux ou trois bruits de bracelets et une petite fièvre de rosée

Le chiffre vivant


Étrange côte ouest que le poney d'amour a découvert

Pour les aventures, c'est sûr, il est bien feutré !

Annexe de la boulangerie


Toute la nuit dans un tee-shirt manches longues, j'entends le plâtre blanc amer : "Que fais-tu pousser dans ta petite pépinière ?"

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