Contre le ski

Publié le par Fernand Chocapic

Je publie ce manifeste pour que jamais plus mes amis n'aillent se compromettre sur les pistes. J'en ai trop vu partir le matin avec un Balisto et revenir le soir avec une jambe dans le plâtre. C'est totalement contraire à l'esprit des délices. En montagne, il est sage et bon de se tenir à l'intérieur devant un bol de chocolat chaud. Vous poussez la porte d'une salle hors-sac (celle avec les cornes de taureau) et vous restez là deux bonnes heures avec vos chaussettes mouillées et votre grosse envie de faire pipi. Quand arrive la tempête de neige de quinze heures, vous quittez le refuge. Quoi de mieux alors que de courir retrouver une femme décente en anorak blanc-bleu ?
 
 

Je connais bien les bureaux de Poste

Publié le par Fernand Chocapic

Au guichet, on me dit de prendre rendez-vous avec une culotte. Je pose mon paquet sur la machine. Un employé m'enveloppe dans un gros sac en jute. Je me retrouve dans un camion jaune. Au dépôt, on refuse de me tamponner. En quarante ans, je n'ai jamais pu repartir avec mes timbres à jour

Hôtel

Publié le par Fernand Chocapic

Comme j'étais dans la ville la plus achalandée de France, je n'ai eu aucun mal à trouver un lit. J'ai dormi avec une suédoise qui avait les pieds carrés. Nous avons discuté de la pluie et du beau temps. Elle m'a souhaité une bonne nuit. "Nous aurons l'occasion de nous revoir bientôt" a-t-elle ajouté de manière énigmatique avant de rabattre le drap. J'ai pris ça pour une menace. Mon voisin de chambrée m'a affirmé que cette jeune femme ne connaissait pas la libido et suivait des cours au collège de France. "Ce n'est pas une mangeuse d'oreiller" a-t-il ajouté. Cela m'a un peu rassuré. Vers minuit douze, il y a une plaque de ciel qui est tombée du plafond. La suédoise se tenait debout sous la pluie. Elle me pratiquait la médecine douce avec les pieds. "C'est une bonne alternative au sirop" se plaisent à dire les médecins
 
 

L'homme en Luce

Publié le par Fernand Chocapic

Je désespère d'être un jour invité à Deauville, dans ces palais sucrés de la noisette. Tout ce que j'ai pour moi, c'est un manoir sur la colline, mais je n'ose pas entrer de peur qu'un visage inconnu ne m'apparaisse et ne me dise : "j'ai attrapé la gale en caressant un chaton". Je pose ma main sur la poignée et je pousse la porte en tremblant. Il n'y a personne dans le hall d'entrée. Je me glisse sans bruit à l'intérieur. Le plancher craque sous mes pas. J'agrippe la rambarde et je monte à l'étage. Je tends l'oreille, comme un voleur, mais je n'entends rien. Toutes les chambres sont vides. Au bout du couloir, il y a une vieille dame qui regarde la télévision. Je lui dis qu'elle a de bonnes joues mais c'est uniquement parce que je me sens tenu d'être aussi bougrement courtois

Cet oiseau a volé

Publié le par Fernand Chocapic

"Il faut surveiller son balcon et semer la fleur au bon moment" disent les fâcheux. Moi, quand arrive le printemps, j'aime bien mettre de la folie dans mes jardinières. Je suis comme un clown sous un immense chapiteau. Je suis libre de mon arrosoir et de ma pomme. Oh comme je les sens bien, ces dégradés de vert ! Ce rose de la jeunesse que l'on voit poindre sous la casquette. Ces naturistes perdus au milieu des pins. Ma mère qui couve dans sa chambre. Toutes ces belles abeilles qui bourdonnent
 
 

Le sirocco a changé de camp

Publié le par Fernand Chocapic

Pensiez-vous pouvoir mentir à travers votre slovaque ? Vous êtes mal barré. Trop loin d'une cheminée pour faire du bois. Du bois pour dire quoi ? Des réminiscences. Avaricieux ! Vous êtes tellement semblable. Vous ne sauriez pas nommer un lieu. Je vais me retourner d'ici et quand je serai parti, vous serez bien banané. Vous resterez tout seul devant la machine à café. Et si vous manquez de sucre, le chirurgien ne viendra pas vous apporter les bâtons. Vous vous en irez quatre par quatre par huit dans un autobus

Le romantisme éhonté

Publié le par Fernand Chocapic

Serge Gainsbourg (ou Gainsbarre, comme on l'appelle dans les Caraïbes) est l'un des plus grands pervers musicaux de notre siècle. Sur le premier titre de l'album, vous entendez sa barbe sur le micro, et Jane Birkin au bord des larmes qui menace de se jeter dans la Seine, comme le font malheureusement les parisiennes pour exprimer leur désespoir. Sur la piste suivante, soudain, tout va mieux. Il y a du soleil, des vagues, des palmiers, des pizzas et des femmes à talons hauts. Pour un peu, on se croirait sur la plage
 
 

Où est passée la noce ?

Publié le par Fernand Chocapic

Je sors discrètement de chez moi pour aller manger dans une gargote à dix pesetas. La table est luxuriante. Il y a des aisselles à foison. "Je mangerais bien le gardien de musée" que je dis, plantant ma fourchette dans un artichaut. Personne ne rit. Ils plongent le nez dans leur assiette. Je regrette d'avoir pris la parole. Un convive se lève à l'autre bout de la table. Il dit : "Éloignez les enfants, je lance un quizz politique". Tout le monde se met à taper des pieds. Je regarde discrètement sous la nappe. Un serveur est en train de lessiver le plancher. Je lui demande si je peux venir avec lui sous la table. Il me lance un regard noir. Soudain, la patronne sort de la cuisine en hurlant : "Amenez-moi tout de suite un extincteur ou je vide le contenu de la chaudière !"
 
 

La tache

Publié le par Fernand Chocapic

Certaines femmes vont à l'université pour trouver un mari. Dès que je l'ai su, j'ai rempli un dossier. Le lendemain matin, j'étais sur le campus. Le bâtiment avait de grands X sur ses fenêtres. J'ai sonné chez le doyen mais il n'est pas venu ouvrir. Je me suis présenté à l'accueil. Après une très longue attente, l'infirmière scolaire m'a reçu dans son bureau. Je me suis allongé sur la table. Elle m'a examiné de la tête aux pieds puis elle m'a posé des questions. "C'est quoi pour vous le mariage ?" m'a-t-elle demandé. Je lui ai répondu qu'il fallait rester calme et toujours continuer à se regarder bien en face, comme deux étrangers. "Est-ce que les épaules nues vous apportent une sorte d'extase ?" J'ai répondu qu'avec la nuit et le froid, si j'étais poursuivi, je chercherais probablement à me réchauffer d'une manière ou d'une autre. Elle m'a remercié d'être venu et m'a fait sortir discrètement par la porte de derrière
 
 

Bonsoir les choses

Publié le par Fernand Chocapic

Il manque les rames et la tétine en caoutchouc ?
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