Dix de Luc

Publié le par Fernand Chocapic

Le principe du poker, c'est de parier sur la valeur des mains. Si tu pioches "petite nuisette du samedi soir", tu es pratiquement sûr de gagner. Si tu as un carré de dames dans une forêt de bambous, tu fais tapis. Il n'y a que si tu pioches un hiver à l'ancienne que tu te couches dans un carré d'aubergines. Après, il peut y avoir des surprises. Je me souviens d'une fois où j'avais mis l'Europe en ligne et mon adversaire a sorti un avion en papier de sous son pull. Il était un peu écrasé, mais il pouvait quand même voler
 
 

Dis-moi où sur la Terre

Publié le par Fernand Chocapic

Quand je suis en voyage à l'étranger, les femmes me lancent des regards affamés. Je suis assis à une terrasse et elles commencent à se déshabiller. Je peux voir vivement leur soutien-gorge bleu. À la douane, j'ai encore en tête le soyeux d'une culotte portée sous l'uniforme. Quand je suis à la banque et qu'une cliente, en levant rapidement les sourcils, ouvre le devant de sa robe et se déballe devant moi, qu'elle passe ses doigts sur ses mamelons et attrape une bouffée de cologne ... Ce sont des rencontres spontanées qui m'obligent à sortir de ma coquille
 
 

Je n'étais personne ici

Publié le par Fernand Chocapic

J'ai eu ta soeur au téléphone. Elle a dit "Bisou" puis elle a raccroché. Tout de suite après, nous nous sommes retrouvés sur une plage caillouteuse. Le ciel était une flanelle mouillée et nous portions pull sur pull
 
 

La forme blonde

Publié le par Fernand Chocapic

Plus l'été avance, plus les femmes sont blondes (je l'épèle blonde en référence à leur forme plutôt qu'à leurs cheveux). Un quinze août, j'étais tranquillement assis à l'arrière de la voiture quand mon père s'est mis à longer la plage. Il y avait tellement de blondes en vacances que j'ai dû ouvrir la fenêtre pour reprendre ma respiration (suffoqué par la démographie). La plupart étaient de vraies blondes en maillot (épellation de ce mot ?). Sur le chemin du bungalow, je me souviens avoir compté pas moins d'une blonde avec un bébé dans les bras. De retour sur la plage, il y avait une blonde avec une grande paire de palmes qui posait un jouet gonflable sur la tête d'un baigneur. Je me souviens avoir pensé : "Et si c'était ça le bonheur ?"
 
 

Sept nuits par semaine

Publié le par Fernand Chocapic

- Les femmes sont toujours là où elles sont censées être, c'est-à-dire beaucoup chez le voisin et très peu chez moi. On pourrait se demander pourquoi
- Oh non ! Pas le vieux pourquoi ! Je dois passer sept nuits par semaine. C'est suffisamment gênant comme ça

Le passage

Publié le par Fernand Chocapic

Lorsque j'entrerai en politique, une telle m'apportera son soutien ("En ce qui me concerne, tu as carte blanche et libre maternité"). Telle autre m'attendra sur les marchés pour me tendre un tract ("Venez ce soir au QG. Je vous ferai goûter mes cuisses"). Je suis allé me renseigner ce matin à la permanence Hortefeux. J'avais mis mon plus beau costume mais quand je leur ai présenté un casier vierge, une attachée parlementaire m'a refusé l'accès au jaccuzi ("Votre éducation n'a pas encore été faite")
 
 

Shérif fais-moi peur

Publié le par Fernand Chocapic

Elle a vécu pour de vrai tout ce que l'on voit dans les séries américaines. Elle a fumé sur son balcon, elle s'est exercée à vendre du croissant et quand des types ont uriné de travers, elle a fait la police. Celui qui roulait plein phares sur l'autoroute a été dépassé, arrêté, et logé à domicile. Pendant que Christine Lagarde, l'élégante ministre des Finances française faisait ses valises pour le Brésil, son linge a été lavé, repassé et mis sous scellés dans une armoire à dessous. Casanier jusqu'au bout de la semaine, il ne sera libéré qu'au terme d'un long interrogatoire à mi-chemin entre l'intime et l'officiel où il devra expliquer les mobiles de sa conduite
 
 

La minute vieille

Publié le par Fernand Chocapic

J'ai la conviction chimique que rien n'est perdu. On a encore les pièces
 
La créature qui laisserait entendre que je suis fini, je peux toujours lui dresser une facture en catastrophe

Fermez un oeil et puis l'autre. Regardez dans chaque coin de vous-même. Voyez qu'il n'y a pas de clous, pas de voleurs. Voyez qu'il n'y a pas d'oeuf de coucou

Première de face

Publié le par Fernand Chocapic

Cet appartement devrait vous plaire. Il a une grande terrasse ensoleillée. Pour l'instant, ce n'est qu'un simple balcon mais il ne tient qu'à vous d'y installer une chaise longue et d'inviter une amie. Vous allez me trouver subversive et incompétente mais je me débarrasse en vitesse de mes vêtements. Voilà. Maintenant que vous savez à quoi je ressemble toute nue, votre curiosité est satisfaite. Appelez-moi à l'agence si vous avez d'autres questions
 
 

Un litre de kérosène et je vais me coucher

Publié le par Fernand Chocapic

Après une arrière-saison électorale mouvementée, le bipartisme et la courtoisie sont en vogue chez les petits fonctionnaires. Comme je traîne près de la photocopieuse, je passe en mode "britannique informel" et j'invite une collègue à faire le taxi. Les panneaux défilent. Après avoir roulé deux heures sur de petites routes, son anatomie allemande bien calée sur le siège conducteur, nous prenons la voie rapide. Elle enclenche le régulateur de vitesse et lâche le volant pour me rejoindre sur le siège passager. Elle détache ma ceinture. J'ai le moteur à l'ouest. Un camion nous double par la gauche. Dans le virage, elle renverse sa bière sur mon violon. Je mets la pause et je zoome, incrédule. Une fête nudiste est en train d'être célébrée à l'arrière de la voiture. J'essaie d'arrêter le film mais nous sommes en pleine descente et je ne sais pas où sont les freins
 
 

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