Un fantôme dans votre chambre

Publié le par Fernand Chocapic

Il se déplace sur le tapis. Il touche tous vos meubles, rampe sous votre porte de placard, enquête sur votre garde-robe. Il passe son bras à travers vos souvenirs, modifie le contenu de vos miroirs, et lorsque votre mère débarque à l'improviste, il gratte ses ongles sur le vaisselier - jusqu'à ce que les cuillères deviennent assez grandes pour boire la soupe
 
 

Quelque chose vient de tomber

Publié le par Fernand Chocapic

Les voisins ont fermé leur fenêtre. En vain. Les maisons ont été construites si près que j'entends encore leur piano. Il fait froid. Le thermostat craque. Soudain, je me rends compte de ce qu'est le silence. Il n'y a pas de silence sur la terre comme le silence des voisins. Il se répand lentement autour de moi. La chambre est plongée dans ses cheveux, du chocolat à la place des carottes. Je bois la morphine directement du haricot
 
 

Un vocabulaire de lofteur

Publié le par Fernand Chocapic

Au début de mon poème, sa peau est l'argent des nuages ​​et des séraphins. Elle part sous la pluie, sa tête et ses yeux bleus, maintenant bijoux au mascara, sont un diadème qui recule sur fond de galaxie. Plus tard, comme elle sort de la piscine avec son front plissé et cramoisi, je décide de terminer mon poème de manière très simple en évoquant, disons, sa barrette à ananas
 
 

Un enlèvement de vert

Publié le par Fernand Chocapic

J'ai déménagé à Paris pendant mon sommeil. Paris à l'étage, dans la chambre à coucher principale, tout au fond d'un long couloir. Dans mon sommeil, c'était un dimanche après-midi, journée portes ouvertes et lingerie fine. Les femmes étaient à la dérive, hochant la tête en deux à travers les portes, caressant les boiseries. Je les ai Sylvie mur à mur, nos graminées si parfaitement assorties que c'en était un enlèvement de vert
 
 

Zoo de nos rêves

Publié le par Fernand Chocapic

Les arbres se détachaient des buildings hirsutes. Je suis parti à travers un bosquet de jambes qui longeait le trottoir (une équipe de castors essayant de faire fonctionner des échasses ?) Le paysage faisait un orignal devant moi. Elle avait l'appareil forestier le plus improbable, et un pull brun qui ouvrait sur ses bras. Elle était là, comme une dent lancée en travers de ma route. Ses yeux étaient comme deux chasseurs de bonnes affaires. Elle faisait plus partie de la forêt que n'importe quel arbre. Elle était l'océan portant un costume de fourrure. Nous avons parlé goulot toute la nuit, agitant nos fourchettes comme deux chiens fous à une table de poker
 
 

Ça va

Publié le par Fernand Chocapic

Lorsque je m'ennuie, je vais dans le hangar aux vieux chandails pour ramasser des copeaux de gros avions. Je m'en colle partout dans les cheveux et sur le tweed de ma veste. Je reste longtemps comme ça à regarder un vase, ou bien je fais l'amour à un courant d'air
 
 

Sous le stroboscope

Publié le par Fernand Chocapic

Vous aurez peut-être remarqué que lorsque nous nous parlons, je ne vous regarde pas directement dans les yeux. C'est parce que je vous écoute avec les oreilles. Si jamais je devais vous regarder dans les yeux, mon visage se changerait instantanément en masque de pierre. Vous n'auriez plus aucune nuance de cramoisi à étaler sur votre tarte
 
 

Collection Folio

Publié le par Fernand Chocapic

Elle a pris la main de son mari et l'a placée sur sa cuisse, là où la chair et le garçon se rencontrent. Il y a eu une explosion. Elle ne pouvait pas faire l'amour sans faire sauter les trains, ce qui coûte beaucoup d'argent en chemins de fer et tue un certain nombre de personnes en cours de route
 
 

La marche nordique

Publié le par Fernand Chocapic

Tu peux me laisser seul avec un vieux tronc d'épinette ou une touffe de roseaux, j'arrive toujours à me déshabiller
 
Quand je pense à toutes ces épaules et toutes ces fleurs, tous ces délicieux joggeurs perdus dans un brouillard de diesel ...
 
Dépêche-toi par une clairière
Viens errer par les tribunes, les pelouses
L'air est déjà plein de cet arôme extrait du café que nous avions l'habitude de boire sous les pins
 
 

Dans une des chambres de Van Gogh

Publié le par Fernand Chocapic

Si j'applique la stratégie du rien dans un univers calme, j'arrive à dépasser les problèmes de lunettes, de testicules et de portefeuille. Mentalement, je dessine une ligne d'arrivée invisible sur laquelle je peux marcher. Après seulement quelques minutes, les horloges s'arrêtent pour me raconter de meilleures histoires. Des histoires où l'ascenseur a des ailes et où je rencontre LA pomme
 
 

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