Avec les pires intentions

Publié le par Fernand Chocapic

J'étais venu de Normandie pour faire l'école Boulle quand une dame de l'organisation m'a contacté, soi-disant pour m'initier au bridge. Elle m'a dit : "Toi et moi, nous allons revenir à des fondamentaux un peu oubliés. La simplicité, le naturel, la souplesse". Comme j'ai toujours été sensible à la gymnastique suédoise, je ne me suis douté de rien. Je l'ai accompagnée de bonne grâce jusque chez elle. Elle m'a fait entrer dans la maison et comme elle était en sous-vêtements, elle m'a tiré la fleur en drapeau jusqu'à sa petite chambre. Une pièce sombre avec une table en noyer, des chaises de capitaine, un bas-relief en papier mâché. L'architecture révolutionnaire, ersatz géorgien des années trente était le signe que j'étais tombé dans un guet-apens mais il était trop tard pour m'en aller. J'ai dû me plier à l'anatomie congruente de mon hôtesse sans pouvoir ne serait-ce que passer un coup de fil à mes parents
 
 

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catherine 17/03/2017 18:34

Je note toutefois qu'elle ne vous a pas proposé un verre de vin, dans un argot informel et raccourci, avec une candeur feinte. Ses intentions étaient peut-être tout à fait louables. Si elle avait voulu vous squeezer, et vous obliger à vous défausser, ou bien tenter l'impasse, elle vous aurait sans aucun doute appelé Bertrand !

Fernand Chocapic 17/03/2017 19:16

Je lui ai dit que je m'appelais Rémi pour me donner un air diligent et respectable mais elle a compris tout de suite que ce n'était pas mon vrai prénom. Elle a rangé la bouteille de merlot et m'a servi une grenadine.