La nuit

Publié le par Fernand Chocapic

Le vent s'engouffre dans la cheminée. Il se glisse sous la couette et me soulève par la reliure. Je me lève pour comprendre. Dans la cuisine, le frigidaire est somnambule. En ouvrant la porte, j'ai un premier flash : la grève a touché les fabriques de yoghourt. Je me dirige vers la salle de bain. Deuxième flash. Dans le miroir, il ne reste qu'un oeuf (et la cannelle d'un porc-épic). J'éteins toutes les lumières. La lune glisse en bas de l'escalier. Je retourne me coucher
 
 

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Aukazou 25/02/2017 11:40

Merci, Catherine.

Fernand Chocapic 25/02/2017 13:30

Et merci Chocapic. Vous nous remerciez tous les deux 50/50. Comme ça, ce sera plus facile pour moi de répartir la TVA.

Aukazou 24/02/2017 16:24

Il y aurait moins de chauves dans mes rêves si tout ce qui s'écrit sur la gestion des risques ne l'était pas exclusivement en anglais. J'en ai marre de cette langue, je ne peux plus la sentir ! Elle me ressort par l'encéphale !
Pour la spiruline ... vous avez déjà vu une photo de Foucault ? ;-)

Aukazou 24/02/2017 19:16

Vous savez, Chocapic, à part vous, les gens ne sont pas fous ! Ils savent très bien ce qu'ils font.

Fernand Chocapic 24/02/2017 18:33

N'est-ce pas déjà un risque en soi de vous avoir confié la gestion des risques ?

Aukazou 24/02/2017 15:41

Dans ce cas. Il était inutile de vous relever pour comprendre.

Fernand Chocapic 24/02/2017 16:01

Un apothicaire de l'âme ne craint pas de se relever la nuit.

Aukazou 24/02/2017 14:32

Décodeur : Cf : l'influence de Foucault sur certaines théories du management.

Fernand Chocapic 24/02/2017 15:30

L'ennui avec Jean-Pierre Foucault, c'est qu'il n'y a pas besoin de décodeur. Ses émissions sont diffusées en clair.

Aukazou 24/02/2017 13:02

La nuit

Je ne me lève pas car je suis encore debout. Je lis ou réponds à des mails. Poids du lien social. La fatigue, le dégoût, le cumul de pas moins de trois existences (affectivo-spirituelle ; intellectuelle ; alimentaire) grèvent ma capacité de résistance. Je bois un café, deux cafés, trois cafés, de mauvaise qualité. Envie de me vomir comme un gant retourné. Une voix off m’intime le couvre-feu. J’abdique. Je m’endors enfin sur de méchants rêves : Un type, chauve comme un œuf, gît, la poitrine lacérée par des lames de rasoir, sur la moquette d’une entreprise du CAC 40. Il a le sida du pouvoir. Mon camarade O surgit, hurlant à la fraude institutionnelle, ses gros yeux roulent sous son tarbouche grenat. On dirait l’ami Ricoré. Nous partons tous au CESE, qui en réalité se trouve au 9. Des sandwichs club et du champagne sont disposés sur une longue table de banquet. Au loin, la tour Eiffel clignote comme un stroboscope. Les Bonnets M ne sont pas de la fête (j’m’en fous, c’est pas ma taille) mais Raspoutine a pu se libérer. Il ressuscite le chauve par des incantations allocutaires plutôt rasoirs. Après tout, qu’importe la lame, pourvu qu’on ait du champagne à la fin. Le chauve se lance dans une explication en trois tomes sur la sexualité. Les conférenciers font immédiatement couper les micros. Un chef d’entreprise lui lance violemment ses stock-options au visage. Le chauve jouit, il est sado-maso. Le réveil sonne, je me lève, je ne remonte pas le drap car c’est une couette. La voix off grésille salement. Je retrouve le chauve embringué dans une histoire de caca-rente, sauf que je suis éveillée. Je prends conscience que ma vie se déroule à côté de ses pompes. On dirait le rêve de quelqu’un d’autre. Il faut absolument que je mette la main sur le dormeur qui vit dans ces cubes de verre gigantesques où il me retient prisonnière. Je suis persuadée qu’il squatte illégalement ma hutte au bord de l’eau. Si seulement je retrouvais mes papiers d’identité, ceux qui attestent que je suis bien Walden et pas Michael, l’auditeur de la tour ABC.

catherine 25/02/2017 11:30

Il est très chouette votre texte Aukazou.

Fernand Chocapic 24/02/2017 15:26

Avez-vous essayé l'homéopathie ? Ça ne guérit pas la fraude institutionnelle mais il y aura moins de chauves dans vos rêves s'ils prennent régulièrement de la spiruline.