J'étais derrière toi

Publié le par Fernand Chocapic

Est-ce une femme ou une fleur sur sa tige ? Avant de l'aborder, je marque un arrêt entier d'autobus, une longue pause déjeuner. Je pose ma veste dans un casier et je m'approche, frêle comme un vaudeville. Elle me regarde de manière interrogative. Je fais semblant d'arroser les fleurs pendant quelques minutes puis coupable de poussière et de péché, je rentre chez moi. Elle est assise à la table de la cuisine. Elle me dit : "tu devrais t'asseoir et goûter ma viande". Elle me montre une fraise à moitié noyée dans la crème. Comme je m'approche, elle tire un fil de coton de derrière sa bobine et m'entraîne sur la table. Nous remontons le courant en agitant les nageoires. Une valse lente nous travaille, jouant sur nos passions secrètes. Nos fesses sont si pâles dans les verres à moutarde que la nappe devient blanche comme l'écran d'un cinéma
 
 

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catherine 18/03/2017 10:52

Si la femme aux fesses si pâles a tiré la bobinette, il ne faut pas s'étonner que la chevillette ait fini par choir.
Ceci dit, c'est très beau ce récit, et ça le restera des millions de minutes.

Fernand Chocapic 18/03/2017 11:51

Ne tirez pas la bobinette. Cela vous donne un air sinistre et cafardeux. Optez plutôt pour les bracelets de chevillette.