Un amour de Swann

Publié le par Fernand Chocapic

Avant de faire l'amour "pour de vrai", il faut s'entraîner longtemps sur le rameur (jusqu'à ce que tes épaules soient enveloppées dans d'énormes ruisseaux). "Tu fais du canotage" me dit un ami. "Non, cette fois-ci je joue le vrai", et je renverse la barque. À l'intérieur, une sirène pleine d'épingles dans les cheveux, sauvage, impudique et velue
 
 

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Aukazou 08/04/2017 22:39

22h35, prisunic vient d'ouvrir ses portes. Du coup, je vais aller me faire des spaghettis.

Fernand Chocapic 09/04/2017 12:42

Si cela vous amuse de manger au milieu de la nuit.

Aukazou 09/04/2017 12:12

A 22h35, vous aviez sans doute déjà dîné ? Moi, pas encore.

Fernand Chocapic 09/04/2017 09:23

22h35, ce n'est pas l'heure des spaghettis, c'est l'heure du premier sommeil. Tu m'étonnes que vous êtes tout le temps énervée !

Aukazou 08/04/2017 21:48

C'est bien connu, il n'y a que des gens sobres dans le métro. Vous racontez vraiment n'importe quoi.
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Contrairement à vous, je ne raconte jamais n'importe quoi.

Fernand Chocapic 08/04/2017 22:12

Vos mots auront encore une fois dépassé votre pensée. Vous savez pertinemment qu'alliant la dignité à l'audace, je travaille à partir d'une trame de détails véritables.

Aukazou 08/04/2017 21:29

Normalement, c'est une seule goutte derrière l'oreille. Ce soir, j'ai l'impression que vous avez bu le flacon.
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Si j'avais bu le flacon, je serais comme vous PROLIFERIQUE. Mais, voyez-vous; je suis plutôt METRONOMIQUE dans mon genre et cela s'accorde mal avec l'ivresse. Simple question de logique, mais là encore, logique, précision, justesse, sont les notions les moins partagées sur ce blog.

Fernand Chocapic 09/04/2017 09:21

Sa droiture et sa rectitude font des zigzags (j'ai vérifié avec mon kutsch).

catherine 08/04/2017 22:35

"Mais cette rectitude
Que vous voulez en tout avec exactitude
Cette pleine droiture où vous vous renfermez
La trouvez-vous ici dans ce que vous aimez ?"
Non ? Eh bien, faites-vous une raison.

Fernand Chocapic 08/04/2017 21:39

C'est bien connu, il n'y a que des gens sobres dans le métro. Vous racontez vraiment n'importe quoi.

Aukazou 08/04/2017 21:20

rectif : « 1932 » de Chanel, créé en 2013

Aukazou 08/04/2017 20:46

Il y a des stylos pas mal à 6,95 chez Prisu.
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Brave catherine, vous nous direz où se trouve ce « Prisu » où l’on trouve des stylos à 6,95 € (surtout des porte-plumes, maaagnifaïques qui plus est). Je serais vraiment curieuse de le savoir d’autant que la chaîne Prisunic, créée en 1931, s’est tout bonnement éteinte en 2003. Vous devez confondre avec « 1932 » de Chanel, créé en 2003, et qui, bien qu’appartenant à la gamme limitée de la marque, existe toujours. Mais la justesse et vous, n’est-ce pas, c'est comme le style pour Fernand : "PROLIFERIQUE " ;-)

Fernand Chocapic 08/04/2017 21:21

Normalement, c'est une seule goutte derrière l'oreille. Ce soir, j'ai l'impression que vous avez bu le flacon.

catherine 06/04/2017 14:56

Et puisque rien ne saurait m'émouvoir plus qu'une épaule, je repense au début d'un poème de René-Guy Cadou :
Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel,
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d’étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d’amour
...

catherine 08/04/2017 18:21

Mais alors, vous l'avez vu !

Fernand Chocapic 08/04/2017 14:59

Un diseur du soir en été avec une échelle et un cerisier. Ce serait un bon moyen de se laisser émouvoir par un genou.

catherie 07/04/2017 10:04

Moi aussi j'ai pensé à Angelilie, son épaule, son genou, son esquimau nu. Elle produit de très bons textes un peu répétitifs et envoûtants, comme « Freezer et demie du soir en été, de Marguerite Duras *», avec un fait divers en toile de fond, très bien.
*« Diseur et demie du soir en été », ça marche aussi, mais dans un autre contexte. Vous par exemple, Fernand, vous pourriez être un diseur du soir en été.

Fernand Chocapic 06/04/2017 18:48

Le problème avec une épaule, c'est qu'on peut la confondre avec un genou, voire même avec un esquimau. Imaginez qu'Angelilie m'invite à diner et que je sonne à sa porte avec un vacherin glacé, persuadé qu'elle adore ça alors qu'en réalité elle a juste des épaules appétissantes. C'est une hypothèse à envisager même si pour l'instant, il me plaît de croire que cette fille a un freezer et qu'elle aime les desserts glacés.

catherine 06/04/2017 14:39

"jusqu'à ce que tes épaules soient enveloppées dans d'énormes ruisseaux", oui c'est très beau. Chevillard va vous envier cette formule. Attendez-vous à une nouvelle perfidie de sa part.
Mais après ça, il ne peut plus décemment vous offrir une nouvelle gomme à votre prochain anniversaire. Il ne pourra faire autrement que de vous offrir le magnifique porte-plume que vous avez aperçu dans la vitrine du Corzunic près de chez vous.

catherine 08/04/2017 18:22

Il y a des stylos pas mal à 6,95 chez Prisu.

Aukazou 06/04/2017 15:54

Il ne pourra faire autrement que de vous offrir le magnifique porte-plume que vous avez aperçu dans la vitrine du Corzunic près de chez vous.
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Le maaagnifaïque porte-plume. Un Mont-Blanc ? ;-)
On est loin de Bécassine, la tête dans sa bassine aux odeurs de cuisine, à l'usine. Là on serait plutôt dans la vitrine où s'étalent des tasses en porcelaine de Chine, des stylos chics qui ont bonne mine, des boutons de manchette aux pierres adamantines, la chevalière de chevillard cadeau de sa tante Augustine. Bref, exit les has-been de l'usine ! ;-)

Aukazou 06/04/2017 12:53

En revanche, « Un amour de Swann », je ne vois pas trop l’intention du titre, sauf à penser que la petite sonate de Vinteuil soit la seule sirène que Swann ait jamais aimée. Ce qui est fort probable. Ce qu’il y a de troublant et d’émouvant chez Proust, c’est sa capacité à nous remettre en bouche nos propres madeleines : pour moi ce sera l’odeur puissante du chèvrefeuille, le doux parfum d’amande amère des aubépines et celui si délicat des églantiers et tout ce qui, dans ma mémoire, s’y associe et qui m’est restitué dans une seule phrase de Proust. Voilà encore le miracle de la littérature qui sait nous rendre ce qui nous a été ôté et que nous croyions définitivement perdu. Qui dira que la littérature n’est pas la vie ?
Parfois, je pousse les choses jusqu’à l’exagération. En y pensant, je me demande aussi dans quelle mesure, je n’associe pas le plaisir du thé à la bergamote à Bergotte, par pure assonance. Et comme je suis monomaniaque, je décline mon goût pour la bergamote dans le choix des seuls macarons que j’accepte de déguster (Le « Marie-Antoinette, quasi introuvable et qu’il faut commander chez Ladurée), du seul parfum que j’accepte de porter (le Coco noir de Chanel) avec lequel j’ai dû batailler avant que nous ne devenions inséparables (amour-haine, répulsion-attraction). Monomanie littéraire qui me coûte cher, l’air de rien ! ;-). Qui dira encore que la littérature n’influence pas nos vies, nos choix, nos goûts, nos envies ?

Fernand Chocapic 06/04/2017 19:33

Moi aussi je procède par pure assonance. Je cherchais un titre pas trop tarte. J'ai trouvé "Un amour de Swann", titre déposé par Marcel Proust. Je pense qu'il s'agit vraisemblablement d'une erreur car Swann évoque le cygne, la sirène. Il n'y a rien de tout ça dans La Recherche. Il y a peut-être des cygnes, mais pas de sirène. Encore que je n'en sais rien, je me suis endormi à la page 1000. Je ne fais pas partie de ceux qui ont compris le livre (https://www.youtube.com/watch?v=v9jSJornHHE) et quelque part je le regrette.

Aukazou 06/04/2017 11:40

Je me demande d'ailleurs dans quelle mesure Giono ne s'est pas nourri d' el "Romancero gitano" , tout comme il a puisé dans Stendhal. Et c'est ça qui est magnifique, cet dialogue ininterrompu d'une oeuvre à l'autre, qui en garde la mémoire et la transmet et se l'approprie : « Les abeilles pillotent deçà delà les fleurs ; mais elles en font aprez le miel, qui est tout leur ; ce n'est plus thym ny marjolaine. »

Aukazou 06/04/2017 11:10

"il faut s'entraîner longtemps sur le rameur (jusqu'à ce que tes épaules soient enveloppées dans d'énormes ruisseaux)."
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Ca pour le coup c'est une trouvaille. Cela me rappelle Giono, "Le chant du monde". J'avais oublié à quel point j'avais aimé Giono et Lorca, mais il m'en reste des fulgurances comme ça. Preuve que ça s'est profondément inscrit dans ma mémoire et plus encore probablement dans ma perception du monde. Qui dira que la littérature n’est pas la vie, ou plus exactement qu’elle ne se transmet pas à la vie, qu’elle ne vous insuffle pas son énergie ? On nous apprend à croire à cette dichotomie : la littérature ou la vie. Puis on vous cite « Narcisse et Goldmund » en exemple. Mais fondamentalement, plus les années passent, plus je suis intimement convaincue que la littérature est la vie : que ce sont les livres qui nous font voyager au sens propre comme au sens figuré. Sans Lacarrière, sans Romilly, qui dit que j’aurais acheté cet aller sans retour pour la Grèce et que j’y aurais passé un an de ma vie ? La vie se nourrit de la littérature, la littérature se nourrit de la vie. Au-delà de ça, il y a cette polyphonie des œuvres qui se répondent à travers l’espace et le temps, comme une partition jamais achevée : question-réponse, réponse-question.

Aujourd’hui la littérature me manque, elle donnait de la poésie à ma vie. Je ne lis que des trucs chiants qui sont tout, sauf de la littérature.

Fernand Chocapic 08/04/2017 14:42

Vous avouerez que le coup de la sirène sauvage, impudique et velue, ce n'est pas mal trouvé non plus.