Flanelle

Publié le par Fernand Chocapic

Je l'appelle Flanelle car le matin, quand elle descend les escaliers en robe de chambre, un cataplasme à l'herbe chaude sur le visage, elle a un cordon de laine et de rosée qui pendouille sur ses bas (des collants boutonnés jusqu'au camélia). Le soleil passe à travers et imprime des tâches blanches et vagabondes dans ma mémoire
 
 

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Aukazou 23/04/2017 16:47

Je me contente de vous citer ...

Fernand Chocapic 23/04/2017 18:50

Je ne suis pourtant pas Michel Butel.

Aukazou 23/04/2017 15:05

Vous ne pourriez pas être plus sexy, girly, rigolotte, flashy ? C'est sordide toutes ces considérations.

Fernand Chocapic 23/04/2017 16:18

Ben non justement. Faut rigoler.

catherine 14/04/2017 14:06

Ce poème est tout simplement beau. Sensuel et érotique, mais il pourrait tout autant ne pas l'être, et cela fait sa grâce et son charme troublant. Avec toujours ce petit rien d'insolite qui en accentue la légèreté. Les "tâches blanches et vagabondes dans la mémoire", "les collants boutonnés jusqu'au camélia", beaucoup de trouvailles aussi dans le précédent, "les extravagantes toilettes d'araignée", "l'oiseau maigre".
(Evidemment, ce poème n'a pas la force de ce petit texte d'une de vos commentatrices, qui nous avait marqués par son sujet (la condition ouvrière), et par sa portée politique, mais la poésie engagée est souvent décevante, quand elle ne frôle pas parfois le ridicule).
Toutefois, je reviens à votre texte, on sent que c'est un poème qui ne cherche pas à briser les doigts des guitaristes, et on en est grandement soulagés.

catherine 14/04/2017 19:51

Ce que vous dites me fait penser aux « pauvres gens » de Hugo, même s'il n'y a probablement pas de lard dans la soupe, et même à Darroussin dans le film de Guédiguian qui s'en inspire. Du coup je n'ai plus envie de faire la mariole.
Je repense à un vieux copain dont le père était journalier agricole et sa paye était si maigre qu'un jour il est revenu à la maison avec les quelques billets froissés dans la main, et il les a jetés au feu devant sa femme et ses enfants en disant avec une expression de dégoût : « tiens, voilà ce que je vaux ». C'était tragique, insensé et violent, mais il fallait ce geste pour que cet homme se redresse.

Fernand Chocapic 14/04/2017 17:24

Vous placez la barre très haut en évoquant ce fabuleux texte sur la condition ouvrière. Après l'avoir lu, en particulier le passage où le père de famille renverse sa soupe au lard sur la table de merisier, je me suis dit : "Fernand, il faut que tu arrêtes de faire le malin. Il y a des gens qui ont vécu des choses et qui le racontent avec un art époustouflant. Abandonne tout de suite le sujet de la condition ouvrière et ne parle plus que des chaussettes, des grenouilles, etc ..."