Une histoire sans témoins

Publié le par Fernand Chocapic

Je pète sur le gaz et dans le rétroviseur, je les vois en train de rire. Je comprends par la peur à tes yeux que non seulement le dieu du blanc est mort, mais aussi le grand esprit. C'est incroyablement noir, noir au-delà de la métaphore. Sous un ciel plombé, à l'endroit où Dieu a soulevé la maison par les cheveux, il ne reste plus que la cuisine et la baignoire où nous nous sommes cachés. Je pose la tête dans tes genoux. Je sens ta main qui repose sur mon dos. Le pays où se trouve la maison est plongé dans un long crépuscule en forme de prune. Il y a des nébuleuses dans le ciel et des monticules de nuages posés en vrac sur les forêts. On entend la nature sauvage brisant les os de la maison. Nos coeurs continuent de battre. Nous allons probablement finir noyés sous une masse énorme de shampooing. Je tente de me mettre à l'envers. J'ai une fesse posée sur le rebord de la baignoire. Je tourne et tourne encore jusqu'à la fin du monde, jusqu'à ce que débordé par une vague, le téléphone ne se mette à sonner
 
 

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