Essayons je vous prie de trouver ce qui m'attire en vous

Publié le par Fernand Chocapic

Régine s'était assise, ouvrant son manteau de vison. Elle avait des seins gros comme des coquillages. Des seins qu'en toute honnêteté, je n'aurais jamais pensé voir. "Vos seins seraient capables de calmer n'importe quelle crise, une guerre ou un chat hérissé" lui ai-je dis. "Et maintenant, je vais vous pincer et mettre un biscuit sur vous" ai-je ajouté, pris d'une folie soudaine
 
 

Pas de blues en douze

Publié le par Fernand Chocapic

Un balancement des hanches, une touche des lèvres, des voiles qui se mettent en mouvement : C'est le jazz. Des bretelles flexibles, des orteils sur un toast : C'est le jazz. Mes doigts sur une peau de poulet, le hérisson qui s'endort dans un moule à gâteau, des hirondelles, les ailes bien garnies, qui se rassemblent en troupeaux, avec une légère tendance au crépuscule : C'est le jazz
 
 

Le prénom

Publié le par Fernand Chocapic

À la maternité, quelqu'un a glissé mon nom dans une liste de femmes. Comme je portais bien le rose, personne ne s'est aperçu de rien avant mon premier cours de gym. Il était hélas trop tard. Le fantasme courait déjà sur les clôtures. Les hommes en avaient des brûlures sous leurs vêtements de prison. "Je suis la moitié de l'homme" avais-je tenté de les prévenir, mais il n'ont rien voulu entendre. Les mains sur la grille, les hommes s'enflammaient hors de leur bouche et taguaient l'amour sur les murs du lycée. Quand ils téléphonèrent à la maison et que je pris ma vraie voix, cependant, plus jamais ils ne cherchèrent à me joindre
 
 

Une nuit canadienne

Publié le par Fernand Chocapic

Derrière chaque petite chaussure, les chalets s'éclairent à la hâte
 
Je regarde tes mains
Le ciel descend
Nous dormons en bleu
 
Le lendemain matin, tout le vent souffle dans les arbres. L'odeur de vous persiste comme un caribou
 
 

La visite

Publié le par Fernand Chocapic

"Vous allez vous plaire ici. Les anciennes locataires ont laissé des gratouillis de pieds nus partout sur le plancher. C'est très sympa. Vous avez un grand balcon orienté plein sud et des mégots dans les jardinières avec encore du rouge à lèvres dessus. C'est idéal. Surtout dans le quartier. Passons maintenant au salon. Vous ne m'en voudrez pas de me déshabiller, observation étant ici faite que sur les déclarations de Madame Chanier, l'immeuble comporte deux W.C. Vous avez également une grande chambre et une pièce qui peut servir de bureau. Comme vous le voyez, la cuisine est très lumineuse. Maintenant que vous savez comment je suis à poil, votre curiosité est satisfaite. Je vous laisse ma carte. Passez à l'agence quand vous voudrez"
 
 

Les arcs lumineux

Publié le par Fernand Chocapic

J'aime quand le voisin éteint la lampe et que sa femme nous rejoint dans le lit. Et si ce n'est pas sa femme, c'est la télévision. Il y a toujours quelque chose à l'image, et la vie passe presque directement
 
 

J'avance un flou

Publié le par Fernand Chocapic

Allongé sur le lit, mes lunettes ont fui pour des raisons de sécurité, transportant avec elles, comme on porte des cadeaux de mariage, tous mes rayons de soleil de rechange. Votre reflet dans le miroir dévore les images une à une. À chaque respiration, je vous recommence, mais je ne comprends rien à la manière dont vous êtes boutiquée. Je vois plusieurs têtes dans la brume. Je suis obligé de pratiquer la divination par baguette de saule. Je regarde les boutons de votre chandail s'égoutter sur le rebord de la chaise. Votre culotte forme une grande flaque jaune sur le plancher
 
 

Vogue le magazine

Publié le par Fernand Chocapic

J'organise des castings où je fais se rencontrer cow-girls du Midwest, schoolgirls anglaises et icônes d'Hollywood. Ma découverte du mois, c'est une parisienne saine et roots à qui j'ai fait porter Icône, décolleté n°1, ce qui lui a permis d'exprimer sa nature profonde et mixte. D'autres filles jalouses, à travers d'abondants jeux de matières, motifs et broderies, se sont présentées à mon bureau avec bracelets à pampilles multicolores et sandales à pattes mexicaines. J'ai tout de suite demandé à voir les avant-après
 
 

Pour la liberté de la presse

Publié le par Fernand Chocapic

Comme le boulevard était envahi par des manifestants, je me suis arrêté devant un kiosque pour feuilleter les journaux. J'avais envie de lire un magazine de droite avec de la guitare et des filles nues mais je n'ai rien trouvé d'intéressant. Je suis rentré chez moi en mâchouillant un bonbon tout fade trouvé sous un banc
 
 

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