Les filles des kiosques et les femmes actuelles

Publié le par Fernand Chocapic

Elles ont débarqué un soir sur les rives de ma chambre, dans des coques vides de briquet. Plus elles approchaient, plus la flamme du fourneau se mettait à pulser. J'entendais des rires et des bracelets. Très vite, je me suis aperçu qu'elles avaient toutes une splendeur de corps de femme. Quand elles se sont finalement trouvées devant moi, j'ai essayé de bouger mais l'esprit occulte (que je n'avais pourtant pas invité) m'a annulé le physique de manière très angoissante, éclaboussant tout ce que j'avais d'expédients à travers les pierres chaudes du lit
 
 

Rien ne se passe pendant des années

Publié le par Fernand Chocapic

Quand l'officier est arrivé, il a demandé : "Comment se fait-il que rien ne se passe pendant des années ?" Comme je ne savais pas quoi répondre, il m'a envoyé m'asseoir dans la gouttière sale d'un cendrier. J'ai regardé les monstres de l'après-midi passer devant moi. Je suis resté là plusieurs jours. Au moment où je décidai d'abandonner mon corps, un chef d'entreprise est arrivé. Il m'a dit : "Je vous donne vos dix jours de vacances et un préservatif". La vérité a traversé un entonnoir. Je lui ai dit : "Merci, je vous le rendrai à mon retour"
 
 

Tout le monde devrait maintenant rentrer à la maison

Publié le par Fernand Chocapic

Un jour, au milieu d'un hameau, j'ai vu passer une fille dans une Peugeot couleur forêt. Qu'on vienne me dire que ce n'est pas vrai. Dans le pays où tout est oublié, où personne ne se souvient de rien, on s'en souvient. Sur la place du village, on se passionne de vin pour cette histoire. On parle même d'un cheval, et de comment elle a donné son sac de poires à un perroquet
 
 

Une histoire simple

Publié le par Fernand Chocapic

"Dis-moi petit, depuis quand t'occupes-tu de ce qui ne te regarde pas ?"
 
Elle avait quelque chose de simple et de maternel
J'aurais voulu la laver avec de l'eau chaude et du savon
 
 

On ne monte pas dans le carrousel par en dessous

Publié le par Fernand Chocapic

Quand on considère le corps d'autres personnes, on commence par les cheveux. Reprenez votre pantalon et cherchez-moi dans le dictionnaire la définition d'un homme. Cela vous fera de la lecture. Un homme, c'est une somme, et ça ne va pas sans oiseaux ni sans animaux. Un homme, avant que ses cheveux ne l'abandonnent, comme une femme qui se retire, il peut vous réparer une canalisation. Ce n'est pas négligeable
 
 

La nomenclature de l'invisible

Publié le par Fernand Chocapic

Je m'infiltre en trèfle sur le pont du navire. Tandis que les insectes reposent leurs jambes, je prends la vue derrière son dos. Installé quelque part entre six et sept, je touche ce fameux pli des oreilles de renard
 
 

Gens de la prison

Publié le par Fernand Chocapic

Je me rends souvent au premier étage de la prison de femmes de Montpellier. Je connais chacune des résidentes et les jours de relaxe (tous les jeudis, de manière fiable), je les attends à la sortie. "Qu'est-ce que votre corps a jamais eu à faire avec moi ?" me demandent-elles, l'air mauvais, comme si je n'étais pas un peu des leurs
 
 

L'improbable

Publié le par Fernand Chocapic

Pour mon projet de diplôme, j'ai eu l'idée de rencontrer une femme dans un contexte professionnel et de la retrouver le soir dans mon lit. L'herbe sèche craque sous ma prétention. Je parviens tout de même à la renverser sur le lit
 
 

La planète des singes

Publié le par Fernand Chocapic

C'est un paysage à végétation moyenne
Un endroit étrange qui était déjà là avant
Du temps de nos grands-parents
 
 

Cette nuit-là

Publié le par Fernand Chocapic

J'étais balle au pied et feu d'artifice à la fois, cotillon sur chute de reins et chasse de bombes en expansion. J'étais or en vrac sur des cales farouches de blanc. J'étais rouge aux joues, saut de haka et final en ligne droite
 
 

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