Du 73 au 74

Publié le par Fernand Chocapic

Connaissez-vous la différence entre la Savoie et la Haute-Savoie ? Il va me falloir trier et déménager tous les papiers. Des femmes d'un mètre quatre-vingt qui passent le premier flocon, vous imaginez ça ? Il y en a qui paieraient cher. Les collants mouillés. Le retour de nuit à la station. Tout cela est dans le dossier
 
 

Ruée sur le sucre

Publié le par Fernand Chocapic

Le jour de la Saint-Valentin, on se vole l'essence dans les réservoirs
 
 

Trois pages par semaine

Publié le par Fernand Chocapic

J'ai de plus en plus de mal à taper mes textes sur cet ordinateur. Je propose que l'on revienne à l'ancienne méthode. Vous allez me donner rendez-vous à votre domicile. Je rentrerai chez vous avec mes pages manuscrites sous le bras et vous me servirez un sirop de grenadine. Ça vous va ?
 
 

Mes désirs enfantins

Publié le par Fernand Chocapic

J'ai traversé la place pipe en main mais je n'ai trouvé personne pour faire le bonheur de mon petit cheval. Je suis allé voir la première directrice du corps d'armée féminin mais elle était en plein divorce et n'avait pas le temps de s'occuper de mes "désirs enfantins". "Dans l'ensemble, je pense que mon chouchou serait plus bénéfique pour vous que le vôtre ne serait rentable pour moi. Par conséquent, je me fiche de vos désirs enfantins" est la phrase exacte qu'elle a prononcée. Je suis reparti pipe en main sur une forme précoce de bicyclette
 
 

Prenons notre bain vivant

Publié le par Fernand Chocapic

Déshabille-toi pour être nue. Déshabille-toi pour être vue. Non pas des autres mais de moi. Dans le grand bain, nage et glisse pour m'attraper. Moi le poisson aux grands pieds
 
 

Le creux de l'oreiller

Publié le par Fernand Chocapic

Ce n'est pas en se levant à 11h30 que vous allez capturer des sauterelles. Où sont passées mes chaussettes ? Dans la salle de bain, les ondulations perverses du lavabo tentent de me faire replonger. Le miroir est tout fripé. Mon ami le homard met du sucre sur ses cheveux. "Tiens-moi le peigne, je vais à la fourmi". Le repas de midi n'aura pas lieu (ou sera cuisiné selon les principes du club de thon et de la tartine)
 
 

Des amis imaginaires

Publié le par Fernand Chocapic

J'ai connu Olivier Moiroux à la Cité universitaire. Je l'avais croisé à plusieurs reprises dans les couloirs sans jamais lui adresser la parole. Quand j'arrivais le matin, j'entrais sur le campus par l'arrière, comme si je ne me sentais pas assez légitime pour entrer par la grande porte. J'évitais soigneusement la cafétéria et tous les lieux où les étudiants se rassemblent pour discuter entre les cours. Olivier Moiroux se mêlait parfois aux conversations mais je le sentais en retrait, comme s'il cachait quelque chose. Parfois, il nous arrivait de parler, mais toujours de loin, assis à plusieurs mètres l'un de l'autre. C'était souvent en fin d'après-midi quand il n'y avait plus grand monde dans l'amphithéâtre. Je m'étais habitué à la voir de manière irrégulière, comme s'il avait un emploi du temps bien à lui qui lui permettait de venir quand il voulait. Plusieurs semaines passèrent au cours desquelles il ne donna pas signe de vie. Un jour que j'étais dans le tram, je l'ai vu sur le bord de la route. Il avait coupé ses cheveux. J'eus un coup au coeur en le voyant. Nos regards se croisèrent. Il esquissa un geste puis il me tourna le dos. Ce qui m'a le plus frappé, c'est qu'il avait un vélo. Personne ne s'en était rendu compte. Sauf moi
 
 

Formule 1

Publié le par Fernand Chocapic

Fièvre et frissons sur un peigne métallique. Fils de salive dans l'air. Les orgues se confondent. Les doigts volent au coeur du concessionnaire. Le cerveau se retourne comme les oreilles d'un fox. Les sentiments passent à gauche. Le moteur des émotions prend le contrôle de pieds bien trop courts qui tournent en huit sur un sol bestial. Comme dans toutes les bonnes familles, on s'endort sur une chaussette et on est réveillé par un oeuf
 
 

Plus tard le même jour

Publié le par Fernand Chocapic

Je débarquerai plein de gomina dans un monde de femmes, une administration où je vivrai cul nu avec les gens que j'aime. Une secrétaire m'apportera un dossier particulièrement compliqué et nous finirons tous les deux emmêlés dans les cordons de son soutien-gorge. Elle me dira : "tu aimes le champagne ?" et comme je n'oserai pas dire non, je finirai à quatre pattes sous le bureau comme ces fourmis trop arrosées qui ne tiennent plus debout
 
 

Un rapport chaleureux et féminin

Publié le par Fernand Chocapic

Je suis kiné, Monsieur. Je vais m'asseoir sur vous. Vous avez compris, Monsieur ? Je vais m'asseoir sur vous
 
 

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