Au chapitre de la baignoire

Publié le par Fernand Chocapic

Mon histoire commence dans une baignoire. La voisine est là. J'ai une guitare folk
 
Il existe une autre version de cette même histoire, toujours avec une guitare, mais je ne suis pas dans une baignoire, je suis dans ma chambre, et c'est seulement quand je tourne la clé imaginaire que je me retrouve dans la salle de bain des voisins
 
Bref, je me retrouve dans une baignoire avec cette femme. Elle me dit : "Je ne savais pas que tu jouais de la guitare. Si c'est une ruse pour me séduire, je trouve ça malin"
 
 

En dehors du dedans

Publié le par Fernand Chocapic

Nous avions pris le train. L'un comme l'autre. J'étais monté le matin (je me demande un peu par quel privilège) et je l'avais suivie dans le wagon de tête. Quand elle est descendue, les portes se sont refermées brutalement. À l'arrêt suivant, j'ai mis ma veste sur les épaules et j'ai marché le long des rails, espérant la croiser dans l'autre sens. De retour à la gare, je l'ai cherchée partout sur le quai. Elle n'était pas là. J'ai demandé de l'aide à un agent. "Je vous invite à sortir de la rouquine pour demander le remboursement de votre billet" m'a-t-il dit
 
 

Treize mille euros de costume

Publié le par Fernand Chocapic

La fille grosse bouche yeux clairs mains nues me sert des cocktails, la coiffure en queue de chat. Je danse sur un pied surprise, les deux mains en coque sur mon sexe. "Je suis informé de ce qu'on dit de vous, de vos exigences au lit". "Ce n'est pas légende" me dit-elle, "On me compare souvent à un petit dinosaure". Elle laisse tomber le manteau derrière elle, détache une ou deux bretelles mystérieuses. Le jeu est excitant. "Où vas-tu ? J'ai laissé mon inhalateur à la maison"
 
 

Ça va pour vous le printemps ?

Publié le par Fernand Chocapic

Avec un ami de carrosserie, nous dinons dans un bistro français sans avoir le moindre début d'un casting féminin. Dans la maison d'en face, l'homme de la main droite, sa troisième femme et son oncle le chat transfèrent de vieux films de vacances sur une clé USB
 
 

Tous les jours tous les pieds

Publié le par Fernand Chocapic

Seule avec un Coca-Cola à une terrasse de café parisien, une blonde oxygénée avec un petit alligator brodé en vert sur le versant supérieur du sein droit prend soudain conscience de la beauté de ses orteils
 
Au même moment mais à l'autre bout de la ville, une femme entre par effraction dans un gymnase afin de marcher pieds nus sur le sol caoutchouté
 
Au même moment mais dans un autre pays, des américaines en chemise de nuit posent leurs pieds nus sur de la moquette
 
 

La voisine

Publié le par Fernand Chocapic

- Je vous dérange ? Pas du tout. Vous avez les seins nus ?
Elle a pris une chemise en nylon dans l'évier
- Vous voulez quoi ? Un café ?
Elle ondule avec le store
- Une petite liqueur nous fera du bien. Légumes ? 
 
 

Dix de Luc

Publié le par Fernand Chocapic

Le principe du poker, c'est de parier sur la valeur des mains. Si tu pioches "petite nuisette du samedi soir", tu es pratiquement sûr de gagner. Si tu as un carré de dames dans une forêt de bambous, tu fais tapis. Il n'y a que si tu pioches un hiver à l'ancienne que tu te couches dans un carré d'aubergines. Après, il peut y avoir des surprises. Je me souviens d'une fois où j'avais mis l'Europe en ligne et mon adversaire a sorti un avion en papier de sous son pull. Il était un peu écrasé, mais il pouvait quand même voler
 
 

Dis-moi où sur la Terre

Publié le par Fernand Chocapic

Quand je suis en voyage à l'étranger, les femmes me lancent des regards affamés. Je suis assis à une terrasse et elles commencent à se déshabiller. Je peux voir vivement leur soutien-gorge bleu (en levant rapidement les sourcils, elle ouvre le devant de sa robe et se déballe devant moi, passe ses doigts sur ses mamelons et attrape une bouffée de cologne). Tout le long de l'avenue, c'est une succession de rencontres spontanées qui m'obligent à sortir de ma coquille
 
 

Je n'étais personne ici

Publié le par Fernand Chocapic

J'ai eu ta soeur au téléphone. Elle a dit "Bisou" puis elle a raccroché. Tout de suite après, nous nous sommes retrouvés sur une plage caillouteuse. Le ciel était une flanelle mouillée et nous portions pull sur pull
 
 

La forme blonde

Publié le par Fernand Chocapic

Plus l'été avance, plus les femmes sont blondes (je l'épèle blonde en référence à leur forme plutôt qu'à leurs cheveux). Un quinze août, j'étais tranquillement assis à l'arrière de la voiture quand mon père s'est mis à longer la plage. Il y avait tellement de blondes en vacances que j'ai dû ouvrir la fenêtre pour reprendre ma respiration (suffoqué par la démographie). La plupart étaient de vraies blondes en maillot (épellation de ce mot ?). Sur le chemin du bungalow, je me souviens avoir compté pas moins d'une blonde avec un bébé dans les bras. De retour sur la plage, il y avait une blonde avec une grande paire de palmes qui posait un jouet gonflable sur la tête d'un baigneur. Je me souviens avoir pensé : "Et si c'était ça le bonheur ?"
 
 

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