Bermudas

Publié le par Fernand Chocapic

Mon étude brune et somnolente du début d'après-midi a quand même permis à pas mal de monde de montrer ce dont ils étaient capables dans une île pleine de bruit. En tout cas, personne n'a ri ou n'a été vexé par mon étude brune du début d'après-midi, même quand la dame avec une tige est venue les réveiller à la manière des oies (d'autant plus désagréable qu'il s'agissait d'une guitare à cordes pincées). Quand j'ai refermé le piano, ils voulaient tous recommencer. Ce qui les a marqués, ce sont ces indigènes à la poitrine insoupçonnée et la justesse des infirmières qui ont je dois le dire fait preuve d'une bonne dose de fair-play, y compris sous la douche (pour ceux qui aimeraient le savoir). Elles se sont montrées bien plus aimables que certaines dames qui émaillent les lavabos de notre immeuble. Tout le monde les connaît, celles qui te font lever un vieux fond de casserole pour te le mettre sur le dos. C'est un classique par ici. Et allez que j'envoie les volailles à vos soins. Ben voyons ! Un arbre ne les supporterait pas deux fois de suite, c'est moi qui vous le dis. Quand je les croise, je proclame les aubergines. Pas plus. Si c'est davantage, je tombe les rames, et on en reparlera
 
 

Angoisse sur zone humide et parfumée

Publié le par Fernand Chocapic

Sur le fond vert de l'après-midi, un vieux crustacé sournois avec de grandes paupières et une bouche dorée projette des morceaux de glace au citron vers un magnat du coton
 
Il s'en tire avec quelques gémissements doux, deux ou trois bruits de bracelets et une petite fièvre de rosée
 
 

Le chiffre vivant

Publié le par Fernand Chocapic

Étrange côte ouest que le poney d'amour a découvert
 
Pour les aventures, c'est sûr, il est bien feutré !
 
 

Annexe de la boulangerie

Publié le par Fernand Chocapic

Toute la nuit dans un tee-shirt manches longues, j'entends le plâtre blanc amer : "Que fais-tu pousser dans ta petite pépinière ?"
 
 

Marionnette

Publié le par Fernand Chocapic

C'est un yogi au lait qui m'a vendu un billet pour le peepshow. Il avait de tout petits bras tout secs et des culottes en crêpe de Chine
 
 

En route pour le bureau

Publié le par Fernand Chocapic

Le lundi matin, on aimerait être un artisan pour se lécher une main pleine de peinture
 
Je me dirige vers ce trou familier en prenant tout mon temps, comme un oiseau dédaigne de voler
 
Comme un blaireau qui geint sur la piste forestière, je désespère à chaque fois de tomber sur une biche qui s'épile à froid contre le tronc d'un sapin
 
 

Tante Pascale

Publié le par Fernand Chocapic

Les automnes secs et fromagers, quand elle ne portait pas de bottes, je pouvais voir ses grands pieds teintés de tourbe rembobiner les pédales
Elle était oeufs bruns et gros seaux
Elle était grands vents mouillés autour de la maison
 
 

Par un faible après-midi sur l'herbe cultivée

Publié le par Fernand Chocapic

Queue et crinière en détresse dans le vent
La chemise dénuée de tasses et d'enjeu
Vous pouvez regarder, mais de manière anonyme
Jamais à moins de trente mètres
 
 

Miroir miroir

Publié le par Fernand Chocapic

C'est une poésie dont il ne reste que l'armature du soutien-gorge à force d'être exposée à la sottise quotidienne des relations sociales et des fêtes d'anniversaire
 
Il y a des dragons qui se perdent
Il y a des martins-pêcheurs qui prennent feu le soir au bord du lac de Genève
Et personne ne les voit
 
 

Un rêve orange

Publié le par Fernand Chocapic

Dans un restaurant de sushis où le saumon pose nu, je remonte le fil du temps jusqu'à une plage des Baléares
 
Je remonte le fil du temps jusqu'à une chambre où j'ai longtemps dormi, dans un lit envahi par le désert
 
 

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