Comme dans une peinture de Manet

Publié le par Fernand Chocapic

Roberta, la directrice toute sage du restaurant "Les Hirondelles", escorte une jeune femme à travers une foule chargée de soiffards. "François", dit-elle en gesticulant vers le chef dans ses jarretelles en cuir, "prendra soin de vous". Le diner a commencé à partir de la moitié du menu, quand son canard à l'orange est arrivé et que des tranches juteuses de poitrine Grand Marnier ont coulé sur mes navets
 
 

Grand Palais

Publié le par Fernand Chocapic

Quand il est venu à la galerie, Arlo portait une cape Batman. Il avait l'air de beaucoup s'ennuyer. Je crois qu'il n'aime pas beaucoup les chambres surchargées de tableaux. Il est O.K. avec les sculptures, mais "très négatif sur les peintures". Je pense qu'il est un peu daltonien. Il ne perçoit pas les couleurs chaudes et tropicales
 
 

Les harmonies luxuriantes

Publié le par Fernand Chocapic

La chanteuse à la voix argentée monte sur scène. Elle amène l'intimité au public. Derrière elle, il y a de grosses assiettes qui crachent. Elle commence par une parabole sur l'autosuffisance. Elle enchaîne sur un hymne à la cannelle. Le public est particulièrement fraternel. Il ressent jusqu'à l'odeur de tarte bouillonnante qui imprègne le lobby
 
 

La femme d'un prochain lit

Publié le par Fernand Chocapic

Elle portait toujours sept nuances de bronzage
 
Elle disait : "Allons danser !", et le jardinier se plaignait le lendemain que tous les sous-vêtements ne se trouvent dans les arbres
 
 

Très facile à faire chez soi

Publié le par Fernand Chocapic

J'ai créé une danse entièrement centrée sur le corps. Elle consiste en une série de mouvements connus de moi seul. Quand je dis : "Nous nous agenouillons", nous nous agenouillons. Quand je dis : "Maintenant on colle notre menton", on colle notre menton. C'est une danse qui ne va pas beaucoup plus loin que ça
 
 

Une histoire sordide

Publié le par Fernand Chocapic

Le mariage de ses parents avait été arrangé par ses parents, qui faisaient affaire ensemble. Ils ont commencé à se voir, à dormir dans la même pièce. C'est comme ça qu'a commencé la pire des embrouilles familiales
 
 

Douze à la carotte

Publié le par Fernand Chocapic

Au début de la faim, je me suis installé dans un appartement suffisamment proche du marché pour y stocker mes rutabagas. C'était un appartement très lumineux, mais il était situé juste en face d'un restaurant de crabe. Toute la journée, je voyais passer de délicieux citrons frits, des hamburgers épais et juteux, des cuisses rôties sur pied qui me donnaient soif
 
 

Les esprits

Publié le par Fernand Chocapic

Selon la légende, ils aiment se matérialiser dans les coins sombres, surtout après le crépuscule, quand l'air est humide. Ils ont des pouvoirs surnaturels et font des farces imprévisibles. Par exemple, ils peuvent choisir de hausser un bloc de sein lorsque tu sors de la douche. Mais ce qui les illustre le mieux, ce sont les plats effrontés qu'ils te servent, ou quand ils te font asseoir sur une chaise en érable
 
 

Seul dans mon ouragan

Publié le par Fernand Chocapic

J'ai grandi dans une banlieue tranquille et bourgeoise, bombardée de chatons. J'étais le deuxième enfant d'une mère à ciel ouvert. Un jour qu'un acteur divorcé passait à l'écran, j'ai éteint la télévision. J'étais devenu un enfant grand et puissant, mais je n'avais toujours pas le droit de m'habiller ou d'aller seul dans la salle de bain. Quand j'ai eu dix-huit ans, j'ai demandé à partir en coopération avec une assistante sociale. Malheureusement, il ne restait plus aucune place de libre en filière pâtisserie. J'ai dû jouer les seconds rôles en mathématiques
 
 

J'en ai marre de ce métier de nomade

Publié le par Fernand Chocapic

Paul souffrait de dépressions engluantes. Parfois, lui et Angela se parlaient à peine pendant des jours. Un matin, elle essaya de sauver son mariage par le voyou, le sentimental et le bizarre en mettant des dessous fantaisistes. Dans un premier temps, Paul, qui avait été élevé à l'école "Mangez votre brocoli", était sceptique. Et puis il a compris que sa femme n'appartenait plus au domaine de l'art et de la tapisserie, qu'elle faisait maintenant partie des gens du show-business, et qu'il devrait faire la route avec elle, et transporter tout son matos à l'arrière du camion
 
 

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