Devine qui est l'insecte

Publié le par Fernand Chocapic

Je lui apparus un matin, poliment, dans ma robe de chambre. Elle avait vu tant de policiers que sans parler, elle me regardait. "C'est la texture qui vous fait réfléchir" lui ai-je dit, mais elle m'aimait déjà et tout en grinçant, lentement, jusqu'à la longueur des pluies, me prit dans sa bouche
 
 

La petite façon de faire

Publié le par Fernand Chocapic

Quand on avance un flirt, il y a différentes façons de faire. Dans mon cas, cela se limite souvent à quelques mots. Ces mots-là ne permettant pas de faire des phrases, difficile de faire passer l'idée selon laquelle je serais un homme et qu'à ce titre, je serais consommable. Encore plus difficile de faire passer l'idée que ma chambre serait ouverte aux visites ("Évidemment que j'assure dans mon lit ! Tu croyais quoi ? Que c'était juste un repaire à biscuits ?)
 
 

Une galaxie d'amour

Publié le par Fernand Chocapic

Je m'étais assis sur le trône pour boire du nectar. Il faisait chaud et je devais sans arrêt changer de vêtements. C'est alors que je me suis transformé en moi-même. Je me suis vu, accroupi dans le noir, occupé à redimensionner les chaises d'un salon de coiffure. Je me suis tapé dans le dos. C'était doucement surréaliste. J'ai essayé de me parler mais je ne me comprenais pas. C'est alors qu'on a entendu le vague phonographe de la femme baleine. Elle circulait autour de nous avec ses deux globes, comme une grande planète respiratoire. "Vous connaissez la province ?" nous a-t-elle demandé. Il était évident que nous ne savions rien de la province. Ah si seulement nous avions une chance d'aller dans l'espace extra-atmosphérique avec elle, et quitter cette banlieue d'astronautes amateurs ...
 
 

Qui a tué les côtelettes de porc ?

Publié le par Fernand Chocapic

À dix-sept ans, caché dans l'herbe, je rêve aux espagnoles. Les yeux perdus dans le vague, je pense à ce qui se cache derrière les portes (de quelle manière, madame, votre barbe pointe-t-elle le soir ?)
 
À dix-sept ans, je prends le bus, seul comme un poil, le coeur pressé contre la vitre. J'ai des semelles en caoutchouc. Une fille monte dans le train. Je lui arrache une paire de tulipes magenta. Imaginez ça. Comme je les mets dans un vase, elles se mettent à pendre du plafond comme les tétines d'un loup
 
 

Ville pour ville

Publié le par Fernand Chocapic

Les WC sont à la turque et le loquet ne marche pas. Je fais pipi, appuyé contre la porte. Dans la cabine à côté, j'entends une femme qui téléphone. Le séchoir à mains indique : "chaud". "Merci d'être resté" me dit-elle en sortant. Je me reboutonne en vitesse avant que la police ne débarque
 
 

La république des fleurs

Publié le par Fernand Chocapic

Il y a des situations contradictoires où ni l'une ni l'autre salle de bain ne semble être la bonne. Vous vous retrouvez seul au seuil d'une porte individuelle. Vous risquez un oeil dans la serrure. La terre devient plus large. Vous regardez à travers la pluie, plein d'espoir. "Est-ce que je rêve ou c'est toi qui comme le vin, goûte à mes propres raisins ?" Elle a suspendu ses vêtements au dossier d'une chaise. Tu vas voir que dans un brusque élan de sympathie, elle va répartir son corps sur mes genoux. Elle doit être lourde comme un cheval. Elle doit sentir les cathédrales
 
 

Entre midi et deux

Publié le par Fernand Chocapic

J'aimerais qu'une femme me tombe sur le ventre avec les yeux qui brillent, qu'elle me butine le creux de l'oreille comme une fleur perdue dans le hall d'un hôpital. Nous sommes quelque part hélas entre midi et deux. Cet horaire ne convient pas à l'amour (ni à personne). Je rentre chez moi affreusement déçu. Quelques boulimiques, incapables de tomber amoureuses, devront le porter sous la pluie
 
 

On pourrait ne pas y croire

Publié le par Fernand Chocapic

Vous visitez des villes éloignées dans votre sommeil, et même des terres que vous n'avez jamais vues. Mettez-moi, je vous prie, des éléphants, et des autruches faites de plumes. Soudain, au milieu d'un grand bois, il y a un départ de Gauloise. Comme je m'intéresse aux phénomènes étranges, je m'y rends. Une femme s'y trouve avec une lampe de poche. Je lui demande si c'est du rêve ou du vrai. Elle me dit : "Fais-moi l'amour comme à la fin des années 60"
 
 

L'amour a pris le bonbon de l'étagère

Publié le par Fernand Chocapic

Il y a des choses qui sont dures à tourner en dérision. Cette histoire de "femme chocolat" qui devient friandise est contraire à toute déontologie. On se doute pourtant qu'il s'agit d'une fiction. L'héroïne qui visite la chambre des artilleries lourdes et fait la promotion du chocolat, c'est une blague. La fille est exceptionnelle, on peut trouver ça très chaud, mais si elle n'arrive pas avec les ingrédients d'une vraie salade de fruits, je ne vois pas l'intérêt
 
 

Le commerce de vivre

Publié le par Fernand Chocapic

J'aimerais être turbulent, charnu, sensuel, manger, boire et me reproduire. Je commencerais bien sûr par dévisser le verrou des portes et les portes elle-même de leur jambage. Ensuite, par le fil qui relie l'utérus aux étoiles, je glisse le mot de passe primitif dans une oreille amie. J'accède alors par accréditation au trivial et à l'insensé, au sexe et à la convoitise, tout en restant délicat autour de la tête et du coeur
 
 

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