Il n'y a pas de changement

Publié le par Fernand Chocapic

Une telle, dans son costume du dimanche, agite des parapluies brisés
Une telle bat son sein et se moque de la repentance

Je termine comme toujours en disant que leurs pieds sont un terrible rêve
 
 

Juste un autre clone à rayures

Publié le par Fernand Chocapic

Alors, comment est la vie avec ton nouveau type ?
Plus simple, je parie
Au lit, le trouves-tu intelligent ?
Il doit être fou d'excitation
Dis-moi, je suis curieux
Est-ce amusant
D'être amoureux
De n'importe qui ?
 
 

Qui ?

Publié le par Fernand Chocapic

Je suis le sauvage, le garçon pieds nus, la femme de ménage
Je suis l'artisan, le coiffeur, la pin-up en salopette
Je suis la femme avec les extras et les poignées
Je suis la femme avec les bobines de réglisse dans les cheveux
Je suis le maillot
Je suis la sandale
Je suis la maman
Je suis le banjo
 
 

Le feutre taupé

Publié le par Fernand Chocapic

Le citron mille fois pressé
J'ai vu dans le privé
La porte entrebâillée
Le manteau poêlé
Le short effiloché
 
 

La préhistoire

Publié le par Fernand Chocapic

Mon propre corps en est témoin, je suis né d'une averse de lait sous une chemise de nuit
Je suis né d'un oreiller en plumes, d'un saule pleureur, d'une boulimie de fraises
Je suis né d'une culotte dans l'évier, d'un coquillage dans la mer, de seins tombant sur l'estomac
Je suis né dans une maison vide, entre un escalier cassé et des bacs de mauvaise herbe
Je suis né en pleine préhistoire, les tétons en travers de mon nez
Encore aujourd'hui, je peux très bien imaginer des dinosaures qui portent des soutien-gorges
Les dinosaures ne me font pas mal aux yeux
Je ne suis pas encore très vieux
 
 

Il fait beau, allons à la Poste

Publié le par Fernand Chocapic

La postière prend la Poste et la garde dans un impassibilité qui l'apparente aux sacs de courrier qui l'entourent. La maturité ajoute de la superbe à son visage. Je suis gré à cet éminent personnage de se prêter avec une telle complaisance au mortel ennui de la Poste. Lui confiant mon intention de ne pas la portraiturer en habit jaune, elle me réplique : "Vous n'allez tout de même pas me mettre toute nue !" Je la rassure et l'inquiète à la fois. Sa présence léonine, son orgue magnifique, ses rugissements féroces et ses gémissements sans pudeur terminent de me convaincre
 
 

Le temps est long

Publié le par Fernand Chocapic

Nous nous sommes assis dans le ventre de l'avion, attendant qu'une hôtesse nous informe du protocole. Nous nous sommes assis dans un fauteuil, attendant qu'une coiffeuse nous fasse une coupe, un brush, un masque. Nous nous sommes assis à l'arrière d'une voiture, attendant que l'air refroidisse nos bras. Nous nous sommes assis dans l'herbe, dans un cache-cache ouvert à tous, attendant qu'une femme pèse sur notre poitrine
 
 

Portrait d'un oiseau

Publié le par Fernand Chocapic

Elle tourne dans la cuisine comme un lion en cage, prend une douche, se promène à l'étage. Elle se cache sous le lit, cogne sur le sommier avec les poings et les pieds. Elle a des ailes tatouées, des poils collés, une chaleur presque solide. Elle a des jouets tendrement élastiques cachés sous des rivières de vêtements. Une surprise de vert sur ses paupières, un rouge à lèvres tremblé, elle ouvre la fenêtre mais elle est trop lourde pour voler
 
 

Dans le feu de l'action

Publié le par Fernand Chocapic

Les hirondelles ont niché dans les sacoches des garçons, se sont enfilé le mollet et la cuisse dans le blouson d'un animal. Il y a un trop plein de rusticité dans l'air. Je tire la sonnette d'alarme. C'est la panique à bord. Les couples se mélangent dans les couloirs avec les fans de The Cure. J'en attrape une par le bras. Au pire, on est en mouvement, et au mieux, ne parvenant pas à atteindre un absolu, on se retrouve chez moi, toujours plus près de nos corps, sans pour autant rester immobiles
 
 

Martine

Publié le par Fernand Chocapic

Tout ce qu'ils veulent, c'est me voir en sueur
Toucher mon visage
Passer leurs doigts dans mes cheveux
 
 

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