En temps géologique

Publié le par Fernand Chocapic

J'étais bien tranquille dans mes décombres jusqu'à ce que le corps d'une femme ne me tire par la queue. Elle a essuyé avec le dos de son pied le talon de ma petite main gauche. Elle m'a emmené sur la montagne pour me faire l'amour de vingt minutes (en pieds linéaires, ça fait deux cents milles au sud jusqu'en Espagne). On a dormi la nuit suspendus dans un hamac vert et bleu, un drapeau de la Floride cousu par des ibis affamés. On passait nos journées dans un paradis bleu de troupeaux, une cornucopie de vent et d'herbe qui révéla au monde ce qu'il y avait de loutre en nous
 
 

Observation exceptionnelle d’un fou à pieds rouges

Publié le par Fernand Chocapic

Assis en canard sur la moquette, je repense à ces fins d'après-midis où j'aurais pu faire l'amour. Si je compte toutes les fois où le soleil se couche à l'ouest, j'arrive à un chiffre phénoménal. Je me dis "dommage" et en même temps, je me dis "tant mieux" car si j'avais donné naissance à un papillon, j'aurais été bien embêté pour le nourrir avec mes pulls en laine synthétique
 
 

Cinématographie d'hélicoptère au royaume de la moquette

Publié le par Fernand Chocapic

Elle dansait en mode safari, perdue dans les panaches de son propre souffle. Des cercles transformés en cercles traversés par des lignes se répétaient à la craie sur le sol du gymnase. Ses vêtements tourbillonnaient dans l'espace. Bientôt, les galaxies furent complètement déliées. J'entrai dans le cercle. Elle se retourna en sursautant, et ses seins se balancèrent
 
 

Dans l'atelier de Rodin, à Meudon

Publié le par Fernand Chocapic

Bougre d'imbécile ! Ce que vous avez sculpté de la forêt ne ressemble à rien. Il n'y a aucune vigueur végétale. C'est nuuuuul ! Poussez-vous de là ! Vous êtes tout le temps dans mes pattes, comme un gros livre. Vous ne voyez pas que les amandes commencent à ramollir ? Vous allez me faire le plaisir de retourner à la rivière. Et fissa !
 
 

La tête dans le limon

Publié le par Fernand Chocapic

Ne quitte pas la brosse
Il nous reste à partager
Nombre de bas
 
 

Combattez l'envie de déclencher des statistiques

Publié le par Fernand Chocapic

"De mon côté, j'ai mes propres aventures" dit-elle en croisant les jambes. Elle portait un tailleur-pantalon bleu-pâle qui la moulait exagérément. C'était une femme fort bien faite. Les heures passaient et c'est comme si chaque bloc de temps confirmait l'échec et l'humiliation du précédent. Le cendrier était à moitié plein. J'attendais, immobile. Je me disais : "Tu vas voir que d'une minute à l'autre, le compositeur va faire une descente"
 
 

Un jeu de télé-réalité

Publié le par Fernand Chocapic

Au début, les candidats étaient bloqués dans une banque de verveine et de brouillard. L'argent reposait sur leur téléphone. Ils ne pouvaient pas s'en servir. À dix-huit ans, bien qu'ils n'avaient pas le permis, ils ont roulé des heures à travers des champs de dunes sur une machine à grosses roues, jusqu'à ce que le soleil s'arrête. Ils avaient des poils qui poussaient jusque dans les oreilles. Le lichen s'accrochait aux hashtags et au vent. Pendant ce temps, les nuages ​rassemblaient de l'argent, mais ils n'étaient pas cumulables. Les candidats attendaient. Finiraient-ils par travailler dans l'entreprise d'à-côté ?
 
 

Joueuses de badminton

Publié le par Fernand Chocapic

Le filet entre les cuisses, vous faites valser les épées sous les fenêtres de mon séminaire. Au bout de vos bras giclent des étincelles farouches. De petites ficelles porteuses de toutes les eaux minérales
 
 

Le maître des horloges

Publié le par Fernand Chocapic

J'avais obtenu sept jours et sept nuits auprès d'elle. Au bout de seulement dix minutes, j'étais défait. C'est quand elle s'est déshabillée que ça m'a fait un choc. Elle a jeté ses quarante ans sur le lit. J'ai essayé de faire diversion mais elle utilisait ses mains d'une façon affolante. En moins de deux, je suis tombé raide. Après quoi, je n'ai plus rien dit. Absolument plus rien. Je me contentais de regarder le plafond, de plus en plus, et puis je me suis endormi
 
 

Le téléphone vert

Publié le par Fernand Chocapic

Avec un téléphone à l'ancienne, je pourrais l'écouter des heures, une étiquette sur la barbe, dans son français original. La calligraphie descend directement de ses lèvres. Je lui balance une routine de vert et dans le violet à distance, je la sens qui s'étale dans ma chemise. Le lendemain, quand les parents épluchent la facture et qu'ils découvrent que les frais généraux ont explosé, ils demandent "Qui a appelé cette plante ?" mais ils ne se doutent pas un seul instant que c'est moi
 
 

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